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Et si le jeu physique avait déjà disparu depuis des années ?

Suite à l’annonce de SONY d’arrêter la production des disques physiques dès 2028, nous avons été inondés d’informations. Des réseaux sociaux aux médias traditionnels, la fronde des joueurs gronde face à la perte de la possibilité de posséder et de conserver une « galette » sans dépendre d’un serveur ou d’un service en ligne. Si je partage évidemment cet avis général et en mettant Nintendo en dehors de cette question, j’ose pourtant poser un « Et si le jeu physique avait déjà disparu depuis des années ? ».

Le physique n’est pas si en forme depuis des années

Ce n’est une surprise pour personne : le format physique est en nette perte de vitesse depuis des années sur consoles, et a même été abandonné depuis bien longtemps sur PC. Bien sûr, on trouve encore des versions collectors et autres éditions « Take my money » bien marketées, qui prennent de la place et la poussière sur les étagères. Pourtant, le plus souvent, la boîte ne contient qu’un simple code de téléchargement, quand elle en contient un, transformant ces éditions en simples objets de collection pour les fans hardcore.

Pour l’instant, les joueurs sur console gardent le choix entre des modèles avec ou sans lecteur. Personnellement, j’ai opté pour une Xbox Series X avec lecteur intégré d’office, ainsi qu’une PS5 achetée à sa sortie. Récemment, j’ai craqué pour la PS5 Pro avant que les prix ne s’envolent et, devinez quoi ? J’ai dû acheter le lecteur de disques en option.

Les galettes zombies sont parmi nous !

Revenons au disque en lui-même. Je parie que tous ceux qui lisent cet article ont déjà vécu cette situation : impatient comme jamais, j’achète mon jeu en boîte, je l’insère dans le lecteur et là… ô joie ! Eh bien non. Il faut d’abord que le jeu soit copié du disque vers le SSD. Une fois l’opération terminée, on se dit « enfin ! ». Ah, toujours pas : il faut encore télécharger une mise à jour qui fait quasiment la taille du jeu complet, le fameux patch « Day One », indispensable pour profiter d’une version stable et optimisée.

Bref, la plupart du temps, la galette ne sert plus que de launcher. J’irais même jusqu’à lâcher le mot qui fâche : c’est une simple « Key Card » qui ne dit pas son nom. En tout cas, c’est la désagréable sensation que cela laisse.

Le véritable drame, c’est la disparition des boutiques !

Pour ceux qui connaissent un peu mon parcours, j’ai travaillé par le passé dans des boutiques indépendantes de jeux vidéo. L’une d’elles, où j’ai exercé de 1993 à 1996, était la seule de la ville, juste avant que les grandes surfaces ne développent de vrais rayons. J’ai eu la chance d’être le témoin et l’acteur de ces lieux d’échange qui réunissaient passionnés et amateurs occasionnels. On y discutait des titres à acheter ou à éviter, ce qui créait un véritable lien social entre des personnes de tous âges et de tous horizons.

Alors oui, il reste heureusement quelques boutiques spécialisées, mais elles se font de plus en plus rares et l’annonce de SONY n’augure rien de bon pour leur avenir. Heureusement que le marché de l’occasion et le rétrogaming résistent et j’espère sincèrement que cela durera, mais réussir à rassembler un public généraliste de joueurs dans un même lieu physique devient aujourd’hui une exception, et le sera encore plus demain.

Marche ou crève

Pour terminer ce billet d’humeur, je me dis que de toute façon, nous n’avons pas le choix. Ce sont des décisions unilatérales dictées par la rentabilité et je ne parle même pas de la restructuration de Xbox et de ses nombreux emplois supprimés. L’industrie du jeu vidéo change sous nos yeux. Nous ne pouvons pas y faire grand-chose, si ce n’est nous indigner et constater avec désabusement le cynisme qui entoure ce média que nous aimons tant. De toute façon, tout le monde sera passé à autre chose dans quelques semaines, et nous continuerons à jouer et à acheter des jeux, parce que « c’est comme ça… »

Sources images


Bannière : reddit.com/r/gamecollecting/
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Avatar de Stéphane

Stéphane, créateur passionné de The-retrogamer.com Geek depuis 1977, il partage son amour du rétrogaming et de la tech. Ses madeleines de Proust ? La PC-Engine et la Neo-Geo, toujours branchées sur son écran CRT !