Return to Blacktooth : un développement plus long que GTA 6 !
Le paysage informatique de la fin des années 1980 a été profondément marqué par l’essor de la perspective isométrique, une technique graphique en trois dimensions simulées. Celle-ci permettait d’apporter une réelle profondeur aux écrans de l’époque. Parmi les chefs-d’œuvre de cette ère figure Head over Heels, publié en 1987 par la célèbre maison d’édition britannique Ocean Software. Contre toute attente, sa suite officielle, baptisée Return to Blacktooth, vient de faire son apparition sur Commodore Amiga et Atari ST au prix de 12,99 dollars. En effet, elle concrétise un développement entamé il y a près de quatre décennies. Ce qui fait passer le temps de développement de GTA 6 pour un petit joueur.
Un projet mis en sommeil par l’avènement des consoles
À l’origine de cette prouesse se trouve le programmeur britannique Colin Porch. Dès 1989, fort du succès critique du premier opus, il entame la conception de cette suite logicielle. Cependant, l’industrie bascule rapidement au début des années 1990. Ceci s’explique par la montée en puissance des consoles de salon de quatrième génération, reléguant les micro-ordinateurs au second plan. Ocean Software décide alors d’interrompre le projet. Par conséquent, cela incite Colin Porch à abandonner ses travaux.
C’est récemment, sous l’impulsion de son ancien directeur chez Ocean Software, Gary Bracey, que le projet est sorti de l’oubli. Ce dernier a convaincu le développeur, aujourd’hui âgé de 81 ans et à la retraite depuis longtemps, de relancer la production. Il s’est appuyé sur l’engouement contemporain pour le jeu vidéo historique et la demande soutenue pour les productions destinées aux machines d’époque.
Énigmes d’époque et résolution des droits légaux
L’un des principaux défis de cette commercialisation tardive n’était pas technique, mais strictement juridique. L’éditeur original, Ocean Software, ayant disparu depuis de nombreuses années, il a fallu identifier les détenteurs actuels de la propriété intellectuelle. Les recherches réglementaires ont mené l’équipe jusqu’à la structure moderne d’Atari, qui possédait les droits des personnages. Une fois les autorisations légales obtenues, la publication a été confiée à la structure spécialisée Thalamus Digital Publishing.
Fidèle aux méthodes artisanales des années 1980, où les jeux étaient fréquemment l’œuvre d’un seul auteur, Colin Porch a codé la quasi-intégralité du titre de manière isolée. Seules la composition musicale et des éléments graphiques secondaires comme l’écran de chargement ont été confiés à des tiers dont le développeur indépendant h0fmann. Le titre repose sur une succession d’énigmes architecturales complexes. Conçu sur un véritable Atari ST connecté à un bon vieux monituer CRT, Return to Blacktooth témoigne d’une remarquable continuité historique dans l’évolution de la scène logicielle alternative.
Deux héros pour le prix d’un seul cerveau
Sur le plan ludique, cette aventure en 3D isométrique propose de retrouver l’univers intergalactique d’origine. L’histoire met en scène le duo emblématique : Mr. Head, capable d’effectuer des sauts impressionnants, et Mr. Heels, caractérisé par sa vitesse de déplacement et son aptitude à empiler des objets. Perdus lors de leur précédente incursion dans le château de Blacktooth, les deux compères doivent se retrouver pour unir leurs compétences respectives.
L’objectif consiste à explorer plus de 300 salles réparties sur cinq planètes distinctes afin de collecter des couronnes et de renverser le tyrannique Empereur Blacktooth. Ce périple repose entièrement sur la complémentarité des deux protagonistes et la résolution de mécanismes contextuels complexes. Ceci oppose la logique du programmeur à la sagacité de l’utilisateur.
La version Atari ST peut être achetée sous ce lien et la version Amiga sous celui-ci
Sources
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