Streets of Rage: le film change de mains et accélère la cadence
Le genre du beat ’em up, qui faisait fureur dans les salles d’arcade et sur nos consoles 16-bits en nous invitant à nettoyer des rues malfamées en défilement horizontal, s’apprête à faire parler de la barre a mine au cinéma. L’adaptation sur grand écran de la franchise culte de Sega, Streets of Rage, vient de franchir une étape décisive. Comme le rapporte le magazine Variety, le studio Lionsgate a revu sa copie en recrutant une nouvelle équipe créative de premier plan pour concrétiser ce projet initié en 2022.
Du hérisson bleu aux loubards de Wood Oak City : un saut de puce scénaristique

Le scénario change de mains. Exit Derek Kolstad, le créateur de la saga John Wick, qui avait signé une première mouture après l’acquisition des droits par Lionsgate. Le studio a choisi de confier l’écriture à Pat Casey et Josh Miller. Ce duo s’est imposé à Hollywood comme les architectes de la franchise cinématographique Sonic the Hedgehog chez Paramount, des longs-métrages qui ont su transposer les codes du jeu vidéo pour le grand public.
Pour orchestrer l’action, le cinéaste Jeymes Samuel reprend les rênes de la réalisation. Remarqué pour son film The Harder They Fall (récompensé aux BAFTA) et disponible sur Netflix, Samuel possède un style graphique percutant et une sensibilité musicale affirmée, deux atouts jugés indispensables par Lionsgate pour retranscrire l’énergie brute de la licence originelle.
Une formule mélodique qui refuse de prendre des rides
Lancée en 1991 sur la console Megadrive de Sega, la trilogie initiale de Streets of Rage a marqué l’histoire du jeu vidéo. Au-delà de ses mécaniques de jeu nerveuses où l’on incarne des policiers justiciers comme Axel Stone ou Blaze Fielding, la saga doit une immense partie de sa renommée à ses bandes-son. Inspirées par la culture clubbing de l’époque (techno, house, breakbeat), ces compositions constituaient une véritable prouesse technique.

Pour les moins familiers avec le matériel de l’époque, il faut se souvenir que la Megadrive intégrait une puce sonore Yamaha (la YM2612) utilisant la synthèse FM. Ce composant, bien que complexe à programmer, permettait des sonorités industrielles et percutantes très proches des synthétiseurs utilisés dans les boîtes de nuit du début des années 90. J’espère d’ailleurs très fortement que le compositeur légendaire Yuzo Koshiro, l’artisan de ce miracle sonore, participera à la bande-son de ce long-métrage pour lui insuffler son identité si singulière. Le compositeur a d’ailleurs été au premier plan avec la sortie du jeu Earthion dont vous retrouverez mon test sous ce lien.
Preuve de l’engouement persistant pour cet univers, le quatrième opus sorti en 2020 a rencontré un franc succès, s’écoulant à plus de 2,5 millions d’exemplaires en un an. Bien que l’intrigue du film reste confidentielle, la production promet de respecter l’ADN de la franchise : des combats de rue, des personnages iconiques et une identité musicale électronique très forte. Le projet sera supervisé de près par Sega, via le producteur Toru Nakahara, aux côtés de la société Story Kitchen.
Pour terminer, si le genre du beat ’em up ou beat ’em all, comme on le nomme plus communément dans nos contrées francophones, vous intéresse, je vous invite à découvrir sous ce lien cet ouvrage auquel j’ai eu le plaisir et l’honneur de collaborer, ainsi que l’interview exclusive de son auteur, accessible via cet autre lien.
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