Affaire Joy-Con Drift : Une amende de 35 millions d’euros pour Nintendo
Le constructeur historique de la NES et de la Game Boy fait face aux réalités juridiques du matériel moderne. À la suite d’une longue enquête menée par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), Nintendo of Europe a consenti à verser la somme de 35 millions d’euros à l’État français.
Joy-Con Drift: Les dessous d’une panne structurelle
L’affaire trouve son origine en 2020, trois ans après l’introduction sur le marché de la Nintendo Switch. L’association de consommateurs UFC-Que Choisir avait alors déposé une plainte formelle concernant le phénomène bien connu de « Joy-Con Drift ». Derrière ce terme technique se cache une défaillance matérielle précise : l’usure prématurée des pistes graphites et des circuits imprimés situés sous les sticks analogiques des manettes détachables. Ce frottement mécanique génère des débris microscopiques qui perturbent les contacts électriques, transmettant à la console de faux signaux de mouvement, même lorsque l’utilisateur ne touche pas aux commandes.

Les investigations des services de l’État ont mis en évidence que la firme de Kyoto avait parfaitement connaissance de cette anomalie à grande échelle, que tout le monde appelait déjà le « Joy-Con Drift », bien avant d’ajuster sa communication publique. Les autorités ont estimé que la gestion de cette crise s’apparentait à une pratique commerciale trompeuse. Le constructeur a longtemps tenté de reléguer cette panne structurelle au rang d’incidents isolés, évitant ainsi une prise en charge automatique et systématique par son service après-vente (SAV). Cette posture a indirectement incité de nombreux utilisateurs à acquérir de nouvelles manettes dans le commerce plutôt qu’à exiger une réparation légitime afin de régler ce problème de Joy-Con Drift.
Un règlement à l’amiable et de nouvelles directives
Le parquet de Nanterre (France) s’est saisi des conclusions de l’enquête sur le Joy-Con Drift, ce qui a débouché sur cette amende transactionnelle. Ce mécanisme juridique permet à l’entreprise de clore la procédure et d’éviter un procès public fastidieux en s’acquittant de la somme de 35 millions d’euros directement auprès du Trésor public français. En complément de ce versement, Nintendo s’est engagé à publier un communiqué explicite sur son site officiel français pour acter cet accord que vous trouverez ci-dessous :

Bien que le constructeur applique depuis 2023 une politique de réparation gratuite des Joy-Con défectueux (y compris pour les machines hors garantie), les répercussions de cette affaire dépassent les frontières de l’Hexagone. Sous l’impulsion des directives de l’Union européenne en faveur de la durabilité environnementale, Nintendo devra proposer sur le vieux continent une révision matérielle spécifique pour sa future console. Les prochains Joy-Con ainsi que la Switch 1 et 2 devront intégrer une architecture interne facilitant le remplacement de la batterie et des pièces d’usure, marquant un tournant réglementaire majeur pour l’industrie. Plus largement, d’autres questions cruciales restent en suspens au sein de l’industrie, à commencer par la durabilité des cartouches de la Nintendo Switch. Pour approfondir ce sujet, nous vous invitons à consulter cet article dédié en cliquant sur ce lien.
Sources
Chaîne YT Origami lors de l’émission La Mardinale du 10 juin 2026.
economie.gouv.fr
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